Pourquoi Euthana...vie et sa charte ?

Nous avons créé l’association Euthana…vie en octobre 2010 dans le but de lutter contre les dérives portant atteinte aux animaux. Notre objectif, entre autres, est d’instaurer une charte qui réglementerait les décisions d’euthanasies dans les refuges animaliers. Ce projet, qui ne remet pas en question les euthanasies JUSTIFIÉES, soulève des inquiétudes, voire des jugements sévères, nous reprochant souvent de ne pas évaluer les conséquences d’un tel projet.
Il nous est apparu nécessaire de mieux expliquer le pourquoi de cette charte et nos intentions, à ceux qui nous soutiennent (et ils sont nombreux) ainsi qu’à ceux qui voient en nous les ennemis d’un « système » …
Nous ne soulevons que le problème des chiens et des chats car se sont eux qui génèrent le problème de la surpopulation rencontrée dans les refuges
 
LE CONSTAT
OUI, nous sommes conscients : 
  1. du surnombre des animaux en refuge (chiffres en constante augmentation) ;
  2. de la facilité d’abandonner les animaux dans les refuges ;
  3. du commerce non déclaré ;
  4. des problèmes d’animaux errants non identifiés ;
  5. du nombre d’adoptions dans les refuges en diminution au profit de ventes en salons animaliers, élevages chez les particuliers, animaleries … ;
  6. du trafic et de l’importation des animaux en provenance d’Europe de l’Est ;
  7. (…)
    Bien sûr notre charte n’a de chance d’être protectrice d’animaux que si nous sommes conscients de ce constat.
DES SOLUTIONS ?
Il en existe bien sûr, au risque de ne pas toujours être bien perçues, mais elles dépendent essentiellement des pouvoirs publics. Maintenant, y a-t-il vraiment une volonté de vouloir changer le système actuel ?

 
IDENTIFICATION OBLIGATOIRE
La loi oblige les animaux à être identifiés (Décret 91-823 du 28 août 1991 relatif à l’identification des chiens, des chats et autres carnivores domestiques).
Mais aujourd’hui encore beaucoup ne le sont pas. POURQUOI ?
L’identification et le passeport seuls, pourraient permettre un suivi des animaux et les protéger des abandons et de l’errance sur la voie publique. Faut-il solliciter les pouvoirs publics à être plus radicaux pour le respect et l’application de la loi ? Nous le pensons.
 
LIMITATION du NOMBRE d’ANIMAUX par FOYER
Concernant le nombre de chiens pouvant être détenus par un propriétaire, un texte de loi autorise la détention de neuf chiens par foyer sans obligation d’être déclaré éleveur. Ce nombre ne devrait-il pas être revu à la baisse afin d’éviter les dérives de certains "propriétaires" peu scrupuleux ?
Notre réflexion sur le sujet désigne les nombreuses personnes qui ont moins de 10 chiens, et qui connaissant bien la loi, évitent ainsi tout contrôle pour se livrer à de l’élevage intensif, souvent dans des conditions déplorables (femelles allaitantes âgées de 8 ans, etc.).
La loi n’interdit pas de posséder plus de neuf chiens. Elle oblige seulement les propriétaires de plus de neuf chiens sevrés de se déclarer en Préfecture (pas forcément comme éleveur). MAIS ... cela implique des installations de maintenance plus contraignantes, plus coûteuses, car plus sérieuses pour ne pas dire « plus professionnelles ». Ces installations sont de fait soumises à des contrôles par les services de la DDSV, les services de l’hygiène et de la protection de l’environnement. Les propriétaires, de par leur déclaration à la Préfecture acceptent de respecter la législation qui gère cette prescription. (Article L214-6 et 215-b10 du code rural). Si les installations sont conformes à la législation, les détenteurs de plus de neuf chiens n’ont alors aucune raison de s’inquiéter et de refuser une visite de la DDSV.
En ce qui concerne le nombre de chats, la loi ne prévoit rien. Il faut donc inciter les gens à être raisonnables sur le nombre de chats détenus dans leur logement, la stérilisation étant évidemment nécessaire. Nous nous demandons pourquoi la détention du nombre de chiens est ainsi règlementée alors que la surpopulation féline pose de nombreux problèmes ?
 
STERILISATIONS
Nous sommes évidemment en faveur de la stérilisation. Il faudrait :
  1. organiser d’avantage de campagnes de sensibilisation pour inciter les gens à faire stériliser leurs animaux,
  2. obliger la stérilisation de tous les animaux rentrant dans les refuges,
  3. comme pour les femelles rendre systématique la stérilisation des males lors de leur adoption,
  4. stériliser les chiens et chats récupérés par les propriétaires ayant perdu leur animal. D’une certaine façon un chien récupéré dans un refuge était un chien errant, donc si l’on considère cette situation comme contraire à la loi, le propriétaire est seul responsable,
  5. rendre plus accessible l’aide aux personnes les plus démunies …
 
UNE TAXE
Il nous a été suggéré de réintroduire des taxes pour les propriétaires d’animaux, comme c’était le cas il y a un certain temps. Or ces taxes existent, elles sont cosignées en un accord conventionnel entre communes et refuges faisant office de fourrière. Ces conventions sont votées en conseil municipal, elles sont donc publiques.
Le coût moyen de cette taxe est, aujourd’hui, de 0,50 € par habitant d’une commune. Pourquoi ne pas le revoir à la hausse pour pouvoir le mettre au profit des refuges ou pour des campagnes actives de stérilisations et d’identification ? Dans les refuges faisant office de fourrière nous pouvons considérer qu’une partie de cette taxe finance les euthanasies et les équarrissages.
Pourquoi ne pas élargir cette aide financière d’argent public à toutes les associations de protection animale qui favoriseraient alors les campagnes de stérilisation ?
 
RECONNAISSANCE DU BENEVOLAT
L’aide humaine dans les refuges n’est pas un problème. Les bénévoles sont nombreux aux portes des associations mais sont vite découragés par le manque de valorisation de leur investissement.
Pourquoi ne pas favoriser d’avantage le bénévolat et instaurer un vrai statut de bénévole ?
 
ABANDONS VOLONTAIRES dans LES REFUGES
Moyennant une somme modique, l’abandon en refuge a ainsi été légalisé. Trop de personnes n’ont plus de scrupule à aller abandonner leur chien ou leur chat dans une structure prévue à cet effet.  Parfois ces mêmes personnes, irons racheter un animal, plus jeune, « tout neuf ».
Nous n’incriminons pas les refuges ou les associations de protection animale mais il nous apparaît inconcevable que les animaux soient les victimes de ce système.
 
RECONNAISSANCE JURIDIQUE EN TEMPS qu’ETRE VIVANT
Les animaux domestiques ne sont pas reconnus par le code civil comme des êtres vivants et sensibles, tout juste un « meuble », un objet de consommation, un bien. Le jour où ils seront reconnus comme êtres vivants et sensibles il nous faudra bien changer de comportement envers eux.
 
CONTROLER ET LIMITER les VENTES d’ANIMAUX
Il faut lutter contre le trafic d’animaux, et les élevages clandestins ou familiaux qui échappent à toutes les taxes fiscales et qui, en plus d’être très lucratif (jusqu’à 10 000 € par an) sont souvent de véritables usines où les conditions de vie des animaux sont déplorables.
De plus, le trafic de chiens venus des pays de l’Est est devenu ces derniers temps un des fléaux en pleine expansion.
Il est trop facile de faire du commerce non déclaré chez soi en vendant des portées de chiots et de chatons. Ce sont des « produits » qui se vendent dorénavant facilement sur internet ou dans les journaux, au même titre que des objets de consommation.
Les ventes en animaleries ou lors de salons animaliers grand public ne font qu’aggraver le problème de la surpopulation. Les jeunes animaux sont « touchants », et dans les refuges sont souvent « proposés de vieux chiens : les « quasi inadoptables », comme cela nous a été dit sur un forum.
 
FINALEMENT tout demeure une question d’argent, et surtout pas un manque de solutions.
Nous avons sollicité l’aide et le soutien des associations de protection animale en Gironde, et des grandes associations nationales. Nous envisageons d’élargir cette quête sur le plan national. Nous sommes en attente de la solidarité associative, individuelle et politique, conscients que l’on ne peut laisser perdurer un tel système, dont les animaux sont les seuls victimes.
 Aujourd’hui, malheureusement les associations de PROTECTION animale, dont la raison d’exister est la défense des animaux se retrouvent démunies, responsables, seules, à régler les lacunes inacceptables de ce système.
 
Accepter le principe de la charte d’EUTHANA…VIE c’est être conscient de tout cela, c’est refuser de continuer à le cautionner, et vouloir apporter une réponse positive à la protection animale.
L’association  EUTHANA…VIE
Le 1er mars 2011
 
 

 
 
 

Association Euthana...vie  -  Maison des Associations - 19 avenue Pierre Wiehn  -  33600 PESSAC
euthanavie@gmail.com

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